Les éléphants d'Afrique, vers une extinction programmée

Il a beau être le plus grand animal terrestre, la destruction de son habitat et le trafic de ses défenses en ivoire lui font encourir un grand danger. Selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) qui a mis à jour sa liste rouge des espèces menacées le jeudi 25 mars 2021, les éléphants d’Afrique de savane sont passés du statut de « vulnérable » au statut de « en danger » et l’éléphant des forêts, du statut de « en danger » à celui de « en danger critique d’extinction. » (…) En Côte d’Ivoire, La faible population d’éléphants restante est aussi menacée d’extinction totale. Le trafic d’ivoires qui engendre un braconnage intense associé à la perte de son habitat rendent son avenir incertain.

Selon l’UICN (Union International pour la Conservation de la Nature) l’Afrique abrite au moins 400 000 éléphants, dont environ 5 500 en Afrique de l’Ouest. L’éléphant des forêts d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest a vu sa population chuter de 86% en 30 ans. Son cousin de savane d’Afrique a baissé d’au moins 60% ces 50 dernières années. Environ 60 % des éléphants d’Afrique tués le sont pour nourrir les marchés de trafic d’ivoires. 90 % des éléphants d’Afrique ont donc disparu en l’espace d’un siècle. Il y a 50 ans, environ 1,5 million d’éléphants sillonnaient toute l’Afrique mais le recensement de 2016 n’en dénombrait que 415.000 La chute du nombre de spécimens pour les éléphants de forêt et de savane s’est accélérée depuis 2008, quand le commerce d’ivoire s’est intensifié malgré qu’il soit déclaré illégal depuis 1989.

L’une des menaces qui pèse sur les éléphants en Afrique vient de la perte d'habitat due à l’action humaine. L'habitat des éléphants en Afrique a été fragmenté, dont la plupart sont soumis à des pressions importantes de la croissance de la population humaine, de la propagation de l'agriculture autour et souvent dans les parcs.

Pour la Côte d’Ivoire seulement, selon la revue Plos One, au début du XXe siècle, il existait seize millions d'hectares de forêt. Selon le magazine The conversation les populations d’éléphants de savane sont estimées à moins de 100 têtes et celle des éléphants de forêt sont passées à un peu plus de 360 individus comme le montre une étude publiée à la fin de l'année 2020 par des enseignants chercheurs de l’université de Cocody

Sur le continent, La recrudescence du trafic d’ivoire occasionnant un massacre intensif des populations d’éléphants peut être considérer comme l’une des raisons principales de la chute brutale du nombre de pachydermes.

Les trafiquants qui pratiquent cette activité illégale sont constitués en groupe et réseau très organisés avec des connexions dans chaque pays. Leurs modes opératoires laissent croire qu’ils sont des groupes mafieux assez puissants qui bénéficient certaines complicités internes. Cette complicité est tangible quant se pose la question de la circulation des ivoires d’un Etat à un autre. En Côte d’ivoire par exemple, la grande majorité des ivoires saisies dans le pays proviennent de pays de la sous-région ouest africaine et d’Afrique centrale. Ces arguments se vérifient à travers certaines arrestations qui ont été faites dans le pays par l’UCT (Unité de lutte contre la Criminalité Transnationale), le MINEF (Ministère des Eaux et Forêts) avec l’assistance technique de EAGLE Côte d’Ivoire. Il s’agit notamment de l’affaire Tran Van Tu, un célèbre trafiquant vietnamien d’ivoires et sa bande arrêtés à Abidjan en 2018. Dans cette opération, six trafiquants dont deux vietnamiens, deux ivoiriens, un chinois et un guinéen ont été interpelés. Ces personnes ont été arrêtés avec en leur possession au total 469,15 kg d’ivoire. Ici, il était question d’un réseau de trafic international. En effet, les ivoires saisis provenaient d’Afrique centrale et devaient être exportés en Asie. Depuis des années, Ils exportaient les ivoires par centaines de kilos, dissimulées dans des troncs d’arbres creusés et scellés à la cire, convoyés dans des conteneurs par cargo.

En février 2021, 114 Kg d’ivoires soit 60 pointes d’ivoires ont été saisies à Abengourou. Ce qui représente trente éléphants tués donc un troupeau entier.  Au cours de cette opération cinq personnes avaient été interpellées. Ces hommes s’étaient rendus dans au Togo puis à la frontière du Burkina et du Mali pour rassembler cette quantité d’ivoires saisies. Ils avaient sans aucun problème passés les frontières avec leurs cargaisons illicites. Ces deux cas soulèvent la question de la porosité de nos frontières mais dénotent aussi de la puissance et des connexions que ces trafiquants ont dans les Etats.

Et de conclure, dans tout ce chaos, il y a un peu d’espoir. En Côte d’Ivoire, une révision de la loi faunique est en cours. Les lois actuelles (Loi n° 94-442 du 16 août 1994 portant modification de la loi n° 65-255 du 4 août 1965 relative à la protection de la faune et à l’exercice de la chasse) se trouvent aujourd’hui dépassées par rapport à l’évolution des statuts chez certains animaux comme l’éléphant. Les peines et sanctions qui sont liées à cette loi ne sont pas bien adaptées et assez dissuasives. Comme prévue en ses articles 32 et 33, la loi punie tout contrevenant à cette loi d’une amende allant de 3.000 francs à 300.000 francs, et d’un emprisonnement allant de deux mois à douze mois ou de l’une de ces deux peines seulement. Il faut donc des lois plus adaptées à cette situation mais aussi faites pour sanctionner durement tout contrevenant à la législation sur la faune. La nouvelle loi en cours d’élaboration punira d’une peine d’emprisonnement allant de 10 à 20 ans et d’une amende de 10.000.000 à 100.000.000 francs CFA ou de l’une des deux peines pour toute infraction. Les lois ivoiriennes actuelles sont plus taillées pour des problèmes liés au braconnage alors qu’aujourd’hui, nous sommes en face de puissants groupes mafieux à la tête du commerce illégal des produits fauniques. Un grand trafiquant (responsable du massacre de milliers d’éléphants) pourrait s’en sortir avec une peine moins élevée qu’un braconnier qui en a fait moins. En exemple, Tran Van Tu et ses autres complices ainsi que les cinq trafiquants arrêtés à Abengourou avaient écopé de la peine maximale prévue par la loi faunique ivoirienne. C’est à dire douze mois de prison ferme assortie de 300.000 F CFA d’amende chacun.

Plusieurs pays africains ont montré la voie ces dernières années, prouvant qu’on pouvait inverser la tendance dans la chute du nombre d’éléphants. C’est l’un des combats de l’organisation EAGLE avec ses différents partenaires.

EAGLE CÔTE D’IVOIRE

 

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Commentaires

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