Investissement / Indication géographique : le Cameroun veut protéger le « Toghu », le cacao rouge, le « Ndôô » et l’ananas de Bafia

Après le succès du poivre de Penja et du miel d’Oku, le Cameroun poursuit ses démarches pour faire reconnaitre au niveau international ses produits locaux de qualité exceptionnelle.

Dans son programme d’actions pour l’exercice 2021, le ministère en charge de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) indique qu’il entend protéger un certain de nombre de produits camerounais à travers l’indication géographique (IG).

« Dans le domaine du développement technologie et de la propriété industrielle, il sera question (…) de la poursuite du processus de protection du cacao rouge du Cameroun en indication géographique protégée ainsi que l’amorce du processus de protection de la Regalia encore appelé “Toghu” dans le Nord-Ouest, de la mangue verte de l’Est dénommée “Ndôô” et le très prisé Ananas de Bafia ».

Ces produits ne sont pas choisis au hasard, ils sont spécifiques au Cameroun. En effet, la couleur rouge brique du cacao camerounais est recherchée par les producteurs de chocolat. Le processus de reconnaissance dudit Cacao par indication géographique protégée a été lancé le 17 juillet 2019 à Yaoundé au niveau de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi).

Pour le « Toghu » (voir photo), il s’agit d’un vêtement traditionnel très prisé au Cameroun et qui est fabriqué notamment dans la région du Nord-ouest du Cameroun. C’est à la base un tissu royal porté par les chefs et les notables. Il est confectionné avec du velours de couleur noire sur lequel sont brodés à la main des motifs et décorations avec du fil de couleurs jaune, rouge, blanc…

La mangue verte de l’Est dénommée « Ndôô » est prisée pour sa saveur particulière. Quant à l’ananas de Bafia », le Cameroun a amorcé la procédure de sa labellisation depuis 2018. Le produit est cultivé sans engrais ni pesticides dans cette contrée de la région du Centre.

Selon Yanick Yemga, Conseil camerounais en propriété industrielle, « les indications géographiques sont des signes qui servent à identifier un produit comme étant originaire du territoire, de la région, ou de la localité dont il est issu. À condition que la qualité, la réputation, ou toute autre caractéristique de ce produit soient essentiellement liées à l’origine géographique indiquée ».

Toujours selon l’expert, le consommateur, au travers de l’indication géographique, a l’assurance non seulement de la provenance du produit, de sa qualité, mais également que ses caractéristiques essentielles sont liées à son lieu d’origine. En fin de compte, le consommateur en a pour son argent. Le producteur y gagne aussi, puisque ses bénéfices sont plus substantiels.

Au Cameroun, les exemples du miel blanc d’Oku et du poivre de Penja sont très illustratifs à ce sujet. Il faut savoir, par exemple, que le prix du kilogramme du poivre de Penja est passé de 2 500 FCFA, avant septembre 2013 (c’est-à-dire avant sa labellisation en IG) à 14 000 FCFA en 2015. La production a plus que triplé dans le même temps, puisqu’elle culminait à 300 tonnes en 2015.

Sylvain Andzongo

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Commentaires

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