Hévéaculture : Comment rentabiliser son champ pendant la période improductive 

Comment tirer des revenus de son jeune champ d’hévéa ?

La pratique de la culture hévéicole est obligatoirement liée à un intérêt financier ou économique. On ne fait pas de l’hévéa pour du plaisir et ou par passion. Et pourtant cette activité est onéreuse en temps, en énergie et en moyens financiers. Cependant, l’une des contraintes de l’hévéaculture est la période non productive qui s’étend sur six (6) bonnes années. Or pendant cette période improductive, le cout de l’entretien suivra son cours avec tout ce qui va avec. Comment combler alors la situation durant cette période d’attente ? Après plusieurs études et expériences menées sur la question par des spécialistes au sein du Centre Nationale de Recherches Agronomiques (CNRA) et d’autres structures, il est possible de tenter une autre approche qui permettra au planteur de tirer une substance de sa jeune plantation en attendant l’heure de la récolte appropriée. Il s’agit tout simplement d’associer des cultures vivrières aux jeunes hévéas qui sont sans dommage pour les arbres. Car en plus de procurer des revenus, ces cultures ont un effet bénéfique sur la croissance des hévéas.

Comment associer les cultures vivrières à l’hévéa ?

Choix des espèces et variétés

Tout d’abord, il est important de maitriser la portée de chaque spéculation agricole. Un certain nombre de critères doit impérativement compter dans le choix des cultures à associer  au champ :

- Le plus regardant de ces critères reste la compatibilité avec l’hévéa. La culture choisie doit être à mesure de s’accommoder de la présence de l’hévéa sans nuire à sa croissance. En effet, certaines plantes nuisent à d’autres dans leur développement. Et cela est récurrent dans le cas de l’hévéaculture. Par exemple, le manioc, qui n’a pas encore fait l’objet d’observations approfondies dans l’étude de l’association des cultures à l’hévéa  est pour l’instant à écarter selon les experts du CNRA.

- Secundo, il faut répondre à l’objectif qui consiste à tirer une substance de sa jeune plantation. Alors, le choix des cultures doit répondre aux besoins soit d’autoconsommation des planteurs et/ou être aisément commercialisables pour permettre aux propriétaires d’en tirer des profits pécuniaires. Ainsi, l’on pourrait associer à l’hévéa de l’igname, du riz, du maïs, de l’arachide, de la banane plantain et des légumes (gombo, tomate, aubergine…). Pour les différentes variétés de ces cultures voir le tableau 1 du CNRA.

Le tableau 1 ci-dessous indique les principales cultures vivrières testées et associables à l’hévéa ainsi que les variétés conseillées.

Quelle est la rotation des cultures vivrières et la durée de l’association ?

Selon l’apport de chaque culture, il est recommandé dans cette association vivriers-hévéa, de tenir compte d’une sorte de succession des plantes à associer. Par exemple, la culture de légumineuses (arachide, haricot, niébé, soja) permet la fixation de l’azote atmosphérique qui va servir au développement des plantes. Ainsi quatre (4) successions culturales sont conseillées par l’expertise du CNRA. Le tableau 2 ci-dessous ces successions. Cependant, l’ordre de succession dans ce tableau est interchangeable.

Pour ce qui est de la durée, il faut savoir que les cultures vivrières peuvent être associées aux arbres pendant :

- 3 à 4 ans pour les clones à vitesse de croissance lente à moyenne (PR107, GT 1, PB 217…) plantés en lignes aux densités habituelles (510 à 666 arbres/ha) selon les annales du CNRA ;

- 2 ou 3 ans pour les clones vigoureux (PB 235). Lorsque la rotation culturale est courte (1 ou 2 ans), semer éventuellement les graines de Pueraria en poquets en même temps que la dernière culture vivrière.

Le processus de mise en place

Choix du terrain

Choisir un sol meuble, de texture sablo-argileuse à argileuse, profond et non gorgé d’eau sur au moins un mètre de profondeur pour l’hévéa. Préférer un terrain plat ou à pente faible (inférieure à 8 %) pour éviter l’érosion. Sur un terrain à pente forte (supérieure à 8%), faire des terrasses en courbe de niveau. Choisir la culture vivrière en tenant compte de la nature du terrain. Par exemple, les sols à texture plutôt sableuse conviennent mieux à l’arachide ou à l’igname qu’au riz si la pluviométrie est aléatoire.

Préparation du sol

Le travail du sol dépend de la culture vivrière (billons, buttes, trous, poquets, …) Eviter un travail profond du sol dès que les plants d’hévéa atteignent l’âge d’un an (risque de blessure des racines).

Dispositif et densité

En culture pure d’hévéa comme en culture associée, le dispositif en lignes est recommandé. Les densités préconisées sont les suivantes :

510 arbres par ha : 7 m entre lignes et 2,80 m entre plants

555 arbres par ha : 6 m entre lignes et 3 m entre plants

666 arbres par ha : 5 m entre lignes et 3 m entre plants.

Avec le développement des hévéas, mettre les cultures vivrières à une plus grande distance des hévéas. Orienter les lignes d’hévéas selon la direction est-ouest pour limiter la concurrence pour la lumière.

Plantation et semis

L’hévéa est mis en place lorsque la grande saison des pluies est bien installée (mai-juin). Installer les cultures vivrières en début de saison pluvieuse (mars-avril) ou de la petite saison des pluies (septembre). Le tableau 4 indique le calendrier des travaux de l’année de mise en place de l’hévéa.

Comment entretenir la parcelle ?

Désherbage

Un sarclage régulier est indispensable. Il bénéficie à la fois aux cultures vivrières et aux hévéas. Pailler les lignes d’hévéas avec les résidus de récolte des vivriers.

Fertilisation

Après une forêt ou une jachère de longue durée, l’apport de fertilisant n’est pas indispensable au moins la première année. Il est possible d’épandre des engrais différents sur les hévéas et sur les cultures intercalaires. Cependant il est plus utile et nécessaire de penser à la fertilisation. Nos experts propose à cet effet et après expérience, le RESTOMAX 25-72 de Bio World Industry (Un fertilisant et régénérateur de sol; également accélérateur de croissance et de production. Conçu pour lutter contre le réchauffement climatique et la sécheresse de par sa capacité à humidifier de manière naturelle le sol et à le fertiliser au besoin. Il est disponible pour toutes cultures et est un produit de contre saison. Contactez la Rédaction par WhatsApp, appel ou SMS au +225 0708182915.)

Ce qu’il faut retenir

En définitif, il faut retenir que la culture d’hévéa peut et doit être associée à certaines cultures pour non seulement tirer des dividendes durant la période d’improductivité  mais également permettre aux arbustes de croître aisément. Les experts du CNRA qui ont pu mener cette étude et toutes les expériences sont d’autant plus rassurants dans cette phase de la culture d’hévéa.

Fulgence Wawa Jay

Sources : CNRA

              

 

 

 

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Commentaires

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