COP-Hévéa / Le pdt Koblavi après sa réélection : « Les producteurs doivent développer en interne, une activité semi-industrielle, nous réfléchissons à cela…»

Vous revenez récemment d’une Assemblée Générale où vous avez été reconduit comme président à la tête du COP-Hévéa. Est-il possible d’en savoir plus ?

Pour commencer cet entretien, recevez nos remerciements pour cette autre lucarne. En effet oui, le Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles de la filière Hévéa de Côte d’Ivoire, à savoir le COP-Hévéa vient d’achever son assemblée générale mixte depuis le jeudi 17 dernier. Il était question à cette rencontre de faire le bilan des trois premières années d’activités mais également du toilettage de nos textes afin de les rafraichir et les adapter à notre vision commune ; puis du renouvellement des instances dirigeantes avec évidemment l’élection du président et finalement de la réflexion sur les perspectives de notre organisation. Car comme vous le savez, le COP-Hévéa, partie prenante du collège des producteurs constitue avec le FISH, la fédération des planteurs d’hévéa de Côte d’Ivoire (FPH-CI).  Il faut d’ailleurs rappeler que cette AG qui devrait avoir lieu dans le courant du premier trimestre de l’année a été reportée en ce mois de décembre pour cause de la situation sanitaire due à la Covid 19.

Pouvons-nous donc avoir l’état actuel de la filière ; surtout, avec cette baisse de prix que subie la filière hévéicole et les plaintes récurrentes des planteurs sur le retard des usiniers à régler les paiements après les livraisons ?

En ce qui concerne la situation actuelle, il faut toute de suite savoir que la Côte d’Ivoire a fait un important bond. Nous sommes passés de la 7e à la 4e place mondiale. Nous envisageons même la 3e place qui est d’ailleurs à notre portée. Seulement qu’il faut d’avantage se concerter pour réfléchir sur le mode de développement à choisir pour notre filière ; car il nous faut passer à la 2e transformation.

Pour le prix, il est important de comprendre une bonne fois pour toute qu’il s’agit d’une situation au niveau mondiale, même si au plan local, c’est l’APROMAC qui a la charge à partir d’une formule, de calculer le prix mensuellement. Ce n’est donc pas une spécificité ivoirienne car beaucoup de facteurs à l’internationale entrent en compte dans la fixation du prix. Il s’agit entre autre de l’inflation, du prix du pétrole brut etc. Il faut cependant reconnaitre que la tendance est évolutive ces temps-ci. Nous tendons vers un peu plus de 300 F CFA le kg. Notre souhait est que l’on puisse atteindre les 450, 500 F CFA le kg. Ca ne sera pas facile d’aller au delà comme dans les années 2010. Vous savez, à cette époque où nous avions pu atteindre jusqu’ à 1000F le kg, le prix du baril de pétrole brut était à 150 dollars.  

En ce qui concerne le volet des retards dans le paiement après les livraisons du caoutchouc dans les usines, il faut reconnaitre qu’il s’agit ici d’une question de trésorerie. Nous ne défendons personne. Ce n’est d’ailleurs pas notre rôle, cependant, chaque structure fait face à sa propre gestion. Par exemple à cause de la crise du virus à corona, les entreprises ne pouvaient exporter leurs achats. Mais les choses tendent à évoluer également de ce côté. L’attente pour les paiements descend progressivement vers 10 jours, voir la semaine pour d’autres. Il y a même des structures qui règlent après 3 jours. Il faut donc continuer à garder espoir.    

Quelles sont les perspectives après la reconduction de votre mandat à la tête du Collectif des Organisations Professionnelles ?

Tout d’abord, nous plaçons ce mandat sous le signe de la stabilité en espérant de tout cœur que la paix soit le partage en Côte d’Ivoire. Les producteurs doivent gagner de l’argent, c’est notre combat. Pour ce faire et vu la situation du prix, les producteurs doivent développer eux-mêmes, en interne, une activité semi-industrielle comme en Asie où nos homologues passent d’abord leur production par une petite transformation avant de la vendre. Aujourd’hui, notre production tourne autour de 1 600 000 tonnes à l’humide qui donne a peu près 900 000 tonnes au sec. Nous voulons donc passer à l’étape de la 2e transformation. Nos structures doivent penser à cela afin que les planteurs puissent gagner de l’argent. Pour que les usiniers puissent également gagner. L’Etat doit d’ailleurs nous accompagner à cela, à travers la fiscalité. Il nous faut également 4 ou 5 usines pour absorber la majorité de la production nationale car nous sommes obligés d’exporter près de 440 000 tonnes par an, qui n’est autre que de la valeur ajoutée que nous envoyons ailleurs. Notre objectif reste donc ce combat pour permettre que toutes les retombées soient pour notre pays afin que les producteurs s’en sortent valablement. Avec le président Jules Dali de la Fédération des organisations professionnelles agricoles de Producteurs de la filière Hévéa de Côte d’Ivoire (FPH-CI), nous réfléchissons et travaillons à cela.

Entretien réalisé par

Fulgence Wawa Jay

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Commentaires

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