Lutte contre Covid 19 : Les paysans crient à l’injustice

La gestion de la crise sanitaire liée au coronavirus que traverse la Côte d’Ivoire actuellement est très mal perçue par les paysans. Ces derniers se disent livrer à eux-mêmes.


Maurice Sawadogo, fédération des organisations des producteurs café-cacao

« Le ministère de l’Agriculture fait quoi pour nous ? » S’interroge Maurice Sawadogo, 1er vice-président de la fédération des organisations des producteurs de café-cacao joint au téléphone. « Aucune action », poursuit-il. « Les gens confondent parfois le milieu rural et citadin. Ce sont deux mondes différents. 70 à 80% des paysans sont analphabètes. Pis, ils vivent dans un milieu d’hygiène défavorable. Aujourd’hui, il y a une pandémie. Le geste minimum que les autorités puissent faire, c’est de mettre les moyens à notre disposition afin de permettre aux leaders des organisations professionnelles agricole de sillonner toutes les zones de productions pour faire prendre conscience aux planteurs du danger encouru en foulant aux pieds les recommandations des experts. Malheureusement jusque-là, nous attendons en vain les moyens pour aller sur le terrain », se désole-t-il.


N'Dri Véronique, ANOPACI

Mme Ndri Véronique, Présidente du conseil d’administration de la plateforme des agricultrices de Côte d’Ivoire, emboîte le pas à son prédécesseur. Pour elle, l’Anopaci qui regroupe 33 organisations professionnelles agricoles et dont elle est la première vice-présidente est disposée à se joindre au gouvernement dans la sensibilisation du monde paysan sur les actions et les comportements à adopter pour faire barrière à la propagation de la maladie à coronavirus à une seule condition : mettre les moyens logistiques à leur disposition. En attendant, la réaction des autorités, ladite plateforme tient à rassurer les consommateurs quant à l’élaboration d’une stratégie d’approvisionnement des marchés. (Nous y reviendrons).

Le Conseil Café-Cacao au banc des accusés


Bilé Bilé, Coordination nationale du monde agricole

Abordant le volet relatif à la provenance des moyens logistiques qui font couler beaucoup d’encre et de salive en milieu rural, Bilé Bilé de la Coordination nationale du monde agricole de Côte d’Ivoire, joint au téléphone n’a pas été tendre envers Le Conseil Café-Cacao. Pour lui, c’est cette structure qui fait des prélèvements à hauteur de plus de 400 FCFA sur leur revenu. « Pour des manifestations, Le Conseil Café-Cacao n’hésite pas à décaisser de l’argent. Il faudrait qu’il fasse autant pour la survie des planteurs », affirme le pdt Bilé.


Penatirgue Soro, Anacaci

« Le politique ne fait que ce qui l’arrange. Il oublie que l’économie de la Côte d’Ivoire repose sur l’agriculture. Il ne pense pas à cet acteur principal de cette économie qui est le planteur », s’insurge pour sa part Soro Penatirgue, président de l’Association nationale des agriculteurs et coopératives agricoles de Côte d’Ivoire (Anacaci) qui regroupe 1200 sociétés coopératives sur les 5000 au plan national. Il révèle que la plupart des acteurs du monde agricole ne sont pas informés des règles d’hygiène. « Au niveau de l’Anacaci, nous faisons avec les moyens de bord. Pour preuve, nous rentrons d’une tournée de sensibilisation dans la région du Moronou. Même si aujourd’hui, des actions politiques sont en train d’être menées, les vrais points focaux au niveau du secteur agricole sont les coopératives. Si elles ne sont pas impliquées au niveau de la sensibilisation, on risque de passer à côté de la plaque », avertit-il.


Bienvenue Beugre, ADEACI

S’il y a un secteur d’activité dont les mesures de confinement prises par le Chef de l’Etat pourraient constituer un véritable goulot d’étranglement, c’est bel et bien le secteur de la filière volaille. « Je suis à Rubino, soit à 30 km d’Agboville. Je ne peux pas sortir. Je suis en train de chercher en vain un laisser passer à la sous-préfecture. Il faut que les mesures prises tiennent compte des différents secteurs activités. Avec ces mesures, je me demande comment en tant qu’éleveur, dois-je procéder à des enlèvements », s’interroge Bienvenu Beugré, président de l’Association pour le Développement de l’élevage et l’agriculture en Côte d’Ivoire (ADEACI), joint au téléphone.

La lutte contre le coronavirus doit se faire dans l’union sacrée de concert avec le monde paysan sinon on risque de passer à côté de la plaque. Rappelons qu’au nombre des attitudes à adopter contre le Covid-19, toute personne de retour à la maison ne doit rien toucher. Elle doit se laver les mains, ou mieux se doucher.

Kpazin Luc


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Commentaires

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