Hévéaculture / Lettre ouverte au Procureur de la République face au diktat des acheteurs : Camara Issouf « faites appliquer la loi relative... »

La filière hévéa, certes, traverse des turbulences face aux coûts très amaigris de sa production, cependant les producteurs subissent encore plus le diktat des acheteurs sur le terrain. Mauvaise foi ou situation circonstancielle, Camara Issouf, président de l’AJAMHCI demande au Procureur de la République, l’application de la loi n°88-650 du 07 juillet 1988 modifiée par la loi n°89-521 du 11 mai 1989 relative à la répression des infractions en matière de commercialisation des produits agricoles.  

 

 



CAMARA Issouf                                                                                                                                                                              Abidjan, le 29 Septembre 2019

Agriculteur

camaraissouf@yahoo.fr


                                                 LETTRE OUVERTE A MONSIEUR ADOU RICHARD PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE

Monsieur le Procureur,

Moins d'un mois après mon adresse au Chef de l'État relative à la misère que vivent les agriculteurs ivoiriens et principalement les planteurs d'hévéa ; je me permets ce jour de vous saisir.

Je me le permets car le Procureur est celui là même qui a pour rôle principal de veiller à l'application des lois, le défenseur de l'intérêt de la société et l'initiateur des poursuites judiciaires... Ma demande d'audience n'ayant reçu suite favorable car votre emploi du temps étant certainement trop chargé, le seul recours me restant pour vous parler est cette lettre ouverte..

Monsieur le Procureur de la République, pour bien comprendre notre problème et le régler à ce niveau, permettez moi d'en faire la genèse en quelques lignes.

°De l'origine des difficultés...

Notre pays la C.I avait pour ambition de réaliser 600.000T de caoutchouc sec à l'horizon 2020. Mais vous savez, les agriculteurs ivoiriens sont d'un courage extraordinaire et cet objectif a été atteint au 31/12/17. Du coup notre tissu industriel de transformation débordé, les planteurs se retrouvent avec leur production sur les bras depuis 2015. L'exportation de fonds de tasse s'étant imposée comme solution ponctuelle, une nouvelle chaine de valeur s'est donc créée avec des pisteurs et acheteurs tout venant.

Tous ces acheteurs réunis (usiniers et exportateurs) auraient pu soulager les producteurs ! Malheureusement non...

Aujourd'hui, plus rien n'est respecté dans le tissu agricole hévéicole ivoirien en matière de commercialisation des productions agricoles. Le planteur se retrouve avec plusieurs équations dont les plus importantes sont la vente et le temps de paiement.

°Des difficultés de paiement

En effet, quand il a bravé toutes les difficultés pour livrer sur les ponts bascules, le paiement devient alors un véritable parcours du combattant.

Monsieur le Procureur de la République, je reste convaincu que si vous n'êtes pas fils de planteur, vous avez des parents planteurs au village.

Alors imaginez un seul instant, qu'après avoir livré votre production, les acheteurs mettent des mois et des mois avant de vous payer. Le salaire mensuel du planteur d'hévéa est sa production qu'il pèse chaque mois pour faire face à toutes les charges.

Imaginons, la fonction publique avec un seul mois d'arriérés de salaire? C'est impossible à croire car l'histoire récente de notre pays nous montre qu'au plus fort de la crise avec même les banques fermées, on payait les salaires.

Alors pourquoi certaines personnes véreuses se donneraient elles le droit d'affliger une telle maltraitance aux planteurs ? Est ce parce que nous les planteurs sommes les parents pauvres de la société ivoirienne ?

°De la nécessité de faire respecter nos droits.

Monsieur le Procureur de la République, le Président Houphouët-Boigny a pris une loi pour nous protéger. Il a pris une loi pour nous protéger contre tous ceux qui nous dénient le droit de jouir de notre dur labeur et il a vu juste.

Et nous appelons à la juste application de cette loi pour le respect et la dignité de l'agriculteur. Car pour un pays dit agricole, quiconque devrait savoir que faire mal aux planteurs, c'est faire mal au pays tout entier.

Alors Monsieur le Procureur de la République, nous vous demandons de bien vouloir faire appliquer la loi n°88-650 du 07 juillet 1988 modifiée par la loi n°89-521 du 11 mai 1989 relative à la répression des infractions en matière de commercialisation des produits agricoles.

Ils sont nombreux tous ces acheteurs qui foulent au pied ces dispositions de la loi sans être inquiétés un seul instant. Et cela a pour corollaire entre autre :

- des enfants de planteur encore à la maison un mois après la rentrée scolaire et encore pour longtemps

- des femmes de planteur meurent pendant l'accouchement car le mari incapable d'assurer les frais médicaux

- des familles disloquées, le mari étant insolvable donc n'assumant pas son rôle de chef de famille

- des plantations abandonnées, les saigneurs ne pouvant attendre indéfiniment leur salaire....et la liste des désolations est longue et la grogne monte de jour en jour.

Nous restons convaincus, Monsieur le Procureur, au vue de votre promptitude à ramener les citoyens dans le droit chemin, que les producteurs de caoutchouc retrouveront très vite le sourire par votre intervention énergique.

Pour notre part, nous demeurons à votre entière disposition pour vous aider à ramener l'ordre et la discipline dans la commercialisation des produits agricoles dans la filière hévéa.

Très respectueusement...

          

             Camara Issouf

Président de l’Association des

Jeunes Agriculteurs Modernes Hévéicoles

de Côte d’Ivoire (AJAMHCI)

Email :camaraissouf@yahoo.fr


Le titre, sous-titres et le chapeau sont de la Rédaction latribuneagricole.net   



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Commentaires

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