Première dame de Côte d’Ivoire : Interdiction américaine d’importation du cacao serait injuste

Dominique Ouattara a rencontré une délégation du Congrès pour discuter de solutions au problème du travail des enfants.


Un projet américain d’interdiction du cacao de la Côte d’Ivoire, premier fournisseur mondial d’ingrédient essentiel du chocolat, fait face à une forte résistance politique de la part du pays de la Côte d’Ivoire

La première dame, Dominique Ouattara, a convoqué cette semaine à Abidjan une réunion avec neuf membres du personnel de Capitol Hill (Assemblée Américaine) et le représentant (deputé) Dwight Evans (Démocrate de la Pennsylvanie.) pour exposer leurs arguments contre une proposition visant à bloquer le cacao ivoirien dans des ports américains.

L’appel pour bloquer le cacao ivoirien a été lancé le mois dernier par deux sénateurs américains qui ont cité «des preuves accablantes» selon lesquelles la récolte de cacao ivoirien dépend du travail forcé des enfants. Pour cette raison, ont-ils déclaré, ces produits ne devraient pas entrer sur le marché américain.

Mais la première dame a déclaré qu’un embargo imposé par les États-Unis nuirait aux agriculteurs ivoiriens et entraverait les efforts du pays pour éliminer le travail des enfants, qu’elle dirige.

« Je pense que [la proposition] punirait à tout un pays et aux agriculteurs qui luttent pour leur survie et seraient injustes à l’égard du travail que nous accomplissons », a déclaré la première dame lors de la réunion.

Depuis près de 20 ans, le gouvernement ivoirien, les grossistes en cacao et les plus grandes entreprises de fabrication de chocolat au monde, notamment Mars, Nestlé et Hershey, ont reconnu le rôle du travail des enfants dans la chaîne d’approvisionnement du cacao et se sont engagés à l’éradiquer.

Les sociétés ont mis en place des programmes de surveillance de leurs chaînes d’approvisionnement et se sont plus récemment tournées vers des «certificateurs tiers» – tels que Fairtrade et Rainforest Alliance – pour contrôler leurs approvisionnements en cacao.

Cependant, aucun de ces efforts n’a permis d’éliminer cette pratique.

Comme l’a rapporté le Washington Post en juin, plus de 2 millions d’enfants travaillaient dans des exploitations cacaoyères d’Afrique de l’Ouest, selon les estimations du gouvernement. La plupart d’entre eux sont des enfants qui travaillent dans des fermes familiales et beaucoup renoncent à l’école.

D’autres sont des enfants victimes de la traite en Côte d’Ivoire et au Ghana en provenance des pays voisins pour servir de travailleurs sous contrat. Souvent, les trafiquants versent une somme forfaitaire à leurs parents et, une fois dans une cacaoyère, les enfants victimes de la traite gagnent de petites sommes, généralement inférieures à 1 dollar par jour.

La nouvelle proposition en Juillet , visant à bloquer les importations de cacao ivoirien, préconisée dans une lettre des Sénateurs , Sherrod Brown (Démocrate-Ohio) et Ron Wyden (Démocrate -Oregon.) , serait la mesure la plus agressive prise à ce jour pour imposer le changement dans l’industrie .

Une telle interdiction, si elle était imposée par les autorités douanières américaines, augmenterait considérablement la pression exercée sur les entreprises chocolatières et le gouvernement ivoirien. Environ un tiers de la production mondiale de cacao y est produite et les grandes entreprises dont les tablettes de chocolat sont populaires aux États-Unis – un marché de plusieurs milliards de dollars – dépendent au moins en partie de leurs récoltes.

«Le travail forcé des enfants est odieux pour toutes les entreprises du secteur du cacao et nous soutenons fermement les efforts du gouvernement des États-Unis pour surveiller et arrêter toute expédition de produits fabriqués avec du travail forcé», Richard Scobey, président de la World Cocoa Foundation, un groupe industriel, a déclaré dans une déclaration. « La World Cocoa Foundation encourage tous les acteurs de la chaîne logistique – entreprises, agriculteurs et gouvernements – à s’engager en faveur de pratiques de travail justes et équitables. »

La proposition d’interdire le cacao ivoirien est autorisée par une loi américaine qui autorise les agents des douanes à bloquer les produits si la preuve «indique … raisonnablement» qu’ils sont produits avec le travail forcé d’un enfant.

La lettre de Brown et Wyden a cité l’histoire du « The Post » du mois de juin qui a relaté le travail des enfants dans les fermes cacaoyères de Côte d’Ivoire. Au cours d’un voyage dans les zones productrices de cacao en Côte d’Ivoire, les journalistes du Post ont parlé avec 12 enfants de plusieurs fermes qui ont déclaré être venus du Burkina Faso, non accompagnés de leurs parents, pour travailler dans les plantations

Si les enquêteurs trouvent des preuves du travail forcé des enfants dans les importations d’une entreprise ou d’un pays entier, cela peut les empêcher de les faire entrer aux États-Unis.

Lors de la réunion, Ouattara a suggéré que les problèmes de travail des enfants décrits dans l’histoire du Post sont rares. Elle a présenté ses arguments à Evans et à neuf membres du personnel du Congrès ayant assisté à la réunion.

« L’article du Washington Post était vrai, mais c’est quelque chose qui n’est pas commun »,a déclaré La première dame, selon Reuters. « Il s’agit d’un cas isolé car dans les autres fermes, il n’y a pas d’enfants. »

L’enquête sur le cacao ivoirien, qui était en cours même avant la lettre des sénateurs, sera menée par la «Division des travaux forcés» du Département de la sécurité intérieure.

L’unité est responsable des plaintes relatives au travail forcé dans le monde entier. Cependant, moins de 10 personnes travaillent et le nombre de produits du travail forcé bloqués est rare.

via Washington Post

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Commentaires

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